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lundi 26 octobre 2009
lundi 10 août 2009
jeudi 28 mai 2009
mardi 31 mars 2009
Des nouvelles du Cameroun .....
Nous recevons ce jour un message rassurant et intéressant de Bernard NJONGA. Le voici :
COMPTE RENDU D’AUDIENCES
Salut à tous,
Première audience
« Là je suis entièrement satisfait. Et même s’il fallait aller en prison maintenant, je le ferais avec fierté » Ces propos du jeune François, prévenu avec nous dans cette affaire de manifestation illégale, traduisent à souhait le sentiment de satisfaction largement partagé par tous les membres de l’ACDIC présents à cette audience du 27 mars. Il faut le dire, nos trois avocats nous ont convaincu de ce qu’ils s’étaient préparés et nous ont fait plaisir à travers leurs plaidoiries. Par moment, le président de la cours a eu la peine à contenir le tollé d’applaudissement que le public s’apprêtait à lancer à la suite des avocats pour manifester sa joie de ce que ceux-ci avaient réussi à transformer ce tribunal en une tribune pour faire avancer la lutte contre la corruption et les détournements qui gangrènent le ministère de l’Agriculture. Tenez !
« J’ai peur monsieur le président. Peur, pas pour les prévenus, mais pour notre pays. Que le procureur de la république au lieu de se saisir des faits de corruption et de détournement qui ont été fort opportunément portés à sa connaissance, demande plutôt la condamnation des dénonciateurs - ceux qui devaient être ses précieux témoins, …me fait peur. Et je vous le dis, monsieur le président avec beaucoup d’inquiétude. » Presque avec les larmes aux yeux, Me Evelyne JOUONZO prenant la parole juste après le procureur qui dans son réquisitoire demandait la reconnaissance de la culpabilité des prévenus pour manif illégale, avait planté le décor de la défense, qu’elle inaugurait elle-même en qualifiant et en dénonçant l’effectivité des faits qui nous sont reprochés. « Y a t-il eu manifestation illégal ce jour ? NON ». Dira t-elle.
A son tour, Me EYANGO, en s’appuyant sur une pléthore de référence aux lois et conventions internationales ratifiées par le Cameroun, sans oublié des citations fort opportunes, devait démontrer combien les poursuites contre les membres de l’ACDIC sont non seulement une atteint aux libertés mais aussi une violation des dispositions juridiques internationales qui protègent les dénonciateurs d’actes de malversation et de violation des droits humains. Et ceci avec une note d’humour : « On veut faire taire notre José Bové. Celui grâce à qui nous mangeons aujourd’hui du bon poulet au Cameroun. Vous ne pouvez pas accepter cela, Monsieur le Président ».
Une responsabilité que Me NOUGA rappellera à son tour au Président avec une note d’histoire : « Il y a vingt ans, ces prévenus seraient traduit devant une cours militaire ( par référence à l’ordonnance de 1962 sur la subversion et supprimé en 1990) . Tel n’est pas le cas aujourd’hui. Monsieur le président, vous avez affaire ici à d’honnêtes et valeureux citoyens. Vous ne saurez prendre une décision qui nous fasse reculer de vingt ans en arrière, comme la demande le ministère publique qui soit dit en passant est concerné par les faits de détournements et corruption dénoncés par les prévenus. »
Trois avocats de la défense contre un représentant du ministère public, la partie a paru inégale aux yeux du commun des observateurs. Encore plus inégal que le réquisitoire du procureur qui ne tournait qu’autour de la déposition des prévenus au commissariat ce jour du 10 décembre et de la définition littéraire des termes : Manifestation et Réunion, a semblé tracer le chemin de la défense et conséquemment, bien léger pour résister aux coups de butoir des avocats.
Et c’est là tout l’intérêt de l’audience du 24 avril 2009, puisque l’affaire a été mise en délibéré sur la culpabilité en ce jour.
De tout évidence, le public sera plus nombreux encore ce 24 avril, non seulement pour apprendre des choses - car cette audience fut vraiment instructive, mais aussi et surtout pour mesurer à travers la décision du président, le degré de fiabilité de nos juridictions.
Wait and see
.
D’expérience je peux déjà dire que cette juridiction sait punir avant le jugement. Si non comment expliquer ces longues heures d’attente lors de chaque audience ? Cette fois, arrivés au tribunal à 9 heures du matin, c’est à 19 heures que nous s’y sommes quittés.
Audience N°2
Un jour avant notre audience au tribunal, nous avons eu l’honneur d’une autre audience - de toute autre nature, à nous accordée par Son Excellence le Vice Premier Ministre, Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural. Rencontre qui, comme vous pouvez l’imaginer, cadre avec notre campagne contre la crise du maïs et contre les multiples faits de détournement et de corruption ayant cours dans son département ministériel.
Drôle de rencontre que celle que nous avons eue ce jeudi 26 mars de 17 heures à 19 heures dans le cabinet de Son Excellence.
Pour la petite histoire, il faut dire qu’on ne s’était jamais rencontré auparavant et chacune des deux parties avait une certaine appréhension quant au déroulement et l’issu de cette audience. Comme on ne sait jamais, je me suis rendu au ministère avec le Secrétaire Permanant de l’ACDIC qui devait m’accompagner au cas où Son Excellence me recevait entouré de ses collaborateurs. (Question d’équilibrer les échanges, me suis-je dis.) Quelques minutes après que la secrétaire du cabinet m’ait introduit dans la salle d’audience, je me suis donné raison, en voyant entrer deux des plus proches collaborateurs de Son Excellence : Le Conseiller technique et le Directeur des projets et de la coopération. Le temps que je leur demande si je pouvais faire entrer mon collègue, voilà le ministre qui apparaît et je stoppe nette cette démarche, que je lui renouvelle après les civilités d’usage. Il y accède, mon collègue entre et nous sommes cinq à échanger. J’allais dire quatre à écouter son Excellence car contrairement à l’opinion, il est prolixe en parole.
Que retenir de cette rencontre ?
Nous espérions obtenir de Son Excellence une ouverture nous permettant de contribuer par nos critiques et suggestions au bon fonctionnement du ministère et en tant qu’acteur de la société civile. Sur ce plan, nous avons été servis. « Toutes mes portes vous sont ouvertes, tout comme celles de mes collaborateurs ici présents. Si vous désirez me rencontrer, n’hésitez pas, même à domicile vous pouvez venir me présenter vos suggestions » Nous a dit le Ministre. Parole de politicien ? Peu importe. Dès cette semaine, nous lui demanderons de mettre à notre disposition et pour fins de suivi, la liste des GICs (groupements par lesquels 62% des fonds ont été détournés en 2008) bénéficiaires des subventions en 2009 dans le cadre du programme maïs. S’advienne que son Excellence accède à notre requête, nous ferons un suivi systématique de l’utilisation des fonds en 2009 et lui adresserons un rapport circonstancié. Et s’il refuse, nous prendrons acte.
En deux heures d’entretiens, qu’est ce qu’on a bien pu se dire ? Son Excellence a beaucoup parlé pour nous permettre d’avoir une idée de ses projets et ambitions pour l’agriculture camerounaise. Certainement qu’il nous faudra d’autre rencontres pour y voir plus clair.. Il a semblé n’avoir pas conscience ou mieux connaissance des dégâts de la corruption et des détournements dans son ministère. C’est à peine s’il avoue leur existence, question de ne pas perdre la face. Car de sources bien introduites au ministère nous savons que plusieurs mesures ont été prises pour rectifier la gestion des projets du Minader : La commission anticorruption du Minader a été installé, avec des moyens de travail appréciables. Les coordonnateurs de projet sont désormais placés sous la tutelle des directions...etc. Toute chose qui va dans le sens de notre plaidoyer à savoir l’avènement d’une ère de bonne gouvernance au Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural.
Bien à vous et à très prochainement, avec la même satisfaction pour votre soutien.
Bernard NJONGA
Président ACDIC
COMPTE RENDU D’AUDIENCES
Salut à tous,
Première audience
« Là je suis entièrement satisfait. Et même s’il fallait aller en prison maintenant, je le ferais avec fierté » Ces propos du jeune François, prévenu avec nous dans cette affaire de manifestation illégale, traduisent à souhait le sentiment de satisfaction largement partagé par tous les membres de l’ACDIC présents à cette audience du 27 mars. Il faut le dire, nos trois avocats nous ont convaincu de ce qu’ils s’étaient préparés et nous ont fait plaisir à travers leurs plaidoiries. Par moment, le président de la cours a eu la peine à contenir le tollé d’applaudissement que le public s’apprêtait à lancer à la suite des avocats pour manifester sa joie de ce que ceux-ci avaient réussi à transformer ce tribunal en une tribune pour faire avancer la lutte contre la corruption et les détournements qui gangrènent le ministère de l’Agriculture. Tenez !
« J’ai peur monsieur le président. Peur, pas pour les prévenus, mais pour notre pays. Que le procureur de la république au lieu de se saisir des faits de corruption et de détournement qui ont été fort opportunément portés à sa connaissance, demande plutôt la condamnation des dénonciateurs - ceux qui devaient être ses précieux témoins, …me fait peur. Et je vous le dis, monsieur le président avec beaucoup d’inquiétude. » Presque avec les larmes aux yeux, Me Evelyne JOUONZO prenant la parole juste après le procureur qui dans son réquisitoire demandait la reconnaissance de la culpabilité des prévenus pour manif illégale, avait planté le décor de la défense, qu’elle inaugurait elle-même en qualifiant et en dénonçant l’effectivité des faits qui nous sont reprochés. « Y a t-il eu manifestation illégal ce jour ? NON ». Dira t-elle.
A son tour, Me EYANGO, en s’appuyant sur une pléthore de référence aux lois et conventions internationales ratifiées par le Cameroun, sans oublié des citations fort opportunes, devait démontrer combien les poursuites contre les membres de l’ACDIC sont non seulement une atteint aux libertés mais aussi une violation des dispositions juridiques internationales qui protègent les dénonciateurs d’actes de malversation et de violation des droits humains. Et ceci avec une note d’humour : « On veut faire taire notre José Bové. Celui grâce à qui nous mangeons aujourd’hui du bon poulet au Cameroun. Vous ne pouvez pas accepter cela, Monsieur le Président ».
Une responsabilité que Me NOUGA rappellera à son tour au Président avec une note d’histoire : « Il y a vingt ans, ces prévenus seraient traduit devant une cours militaire ( par référence à l’ordonnance de 1962 sur la subversion et supprimé en 1990) . Tel n’est pas le cas aujourd’hui. Monsieur le président, vous avez affaire ici à d’honnêtes et valeureux citoyens. Vous ne saurez prendre une décision qui nous fasse reculer de vingt ans en arrière, comme la demande le ministère publique qui soit dit en passant est concerné par les faits de détournements et corruption dénoncés par les prévenus. »
Trois avocats de la défense contre un représentant du ministère public, la partie a paru inégale aux yeux du commun des observateurs. Encore plus inégal que le réquisitoire du procureur qui ne tournait qu’autour de la déposition des prévenus au commissariat ce jour du 10 décembre et de la définition littéraire des termes : Manifestation et Réunion, a semblé tracer le chemin de la défense et conséquemment, bien léger pour résister aux coups de butoir des avocats.
Et c’est là tout l’intérêt de l’audience du 24 avril 2009, puisque l’affaire a été mise en délibéré sur la culpabilité en ce jour.
De tout évidence, le public sera plus nombreux encore ce 24 avril, non seulement pour apprendre des choses - car cette audience fut vraiment instructive, mais aussi et surtout pour mesurer à travers la décision du président, le degré de fiabilité de nos juridictions.
Wait and see
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D’expérience je peux déjà dire que cette juridiction sait punir avant le jugement. Si non comment expliquer ces longues heures d’attente lors de chaque audience ? Cette fois, arrivés au tribunal à 9 heures du matin, c’est à 19 heures que nous s’y sommes quittés.
Audience N°2
Un jour avant notre audience au tribunal, nous avons eu l’honneur d’une autre audience - de toute autre nature, à nous accordée par Son Excellence le Vice Premier Ministre, Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural. Rencontre qui, comme vous pouvez l’imaginer, cadre avec notre campagne contre la crise du maïs et contre les multiples faits de détournement et de corruption ayant cours dans son département ministériel.
Drôle de rencontre que celle que nous avons eue ce jeudi 26 mars de 17 heures à 19 heures dans le cabinet de Son Excellence.
Pour la petite histoire, il faut dire qu’on ne s’était jamais rencontré auparavant et chacune des deux parties avait une certaine appréhension quant au déroulement et l’issu de cette audience. Comme on ne sait jamais, je me suis rendu au ministère avec le Secrétaire Permanant de l’ACDIC qui devait m’accompagner au cas où Son Excellence me recevait entouré de ses collaborateurs. (Question d’équilibrer les échanges, me suis-je dis.) Quelques minutes après que la secrétaire du cabinet m’ait introduit dans la salle d’audience, je me suis donné raison, en voyant entrer deux des plus proches collaborateurs de Son Excellence : Le Conseiller technique et le Directeur des projets et de la coopération. Le temps que je leur demande si je pouvais faire entrer mon collègue, voilà le ministre qui apparaît et je stoppe nette cette démarche, que je lui renouvelle après les civilités d’usage. Il y accède, mon collègue entre et nous sommes cinq à échanger. J’allais dire quatre à écouter son Excellence car contrairement à l’opinion, il est prolixe en parole.
Que retenir de cette rencontre ?
Nous espérions obtenir de Son Excellence une ouverture nous permettant de contribuer par nos critiques et suggestions au bon fonctionnement du ministère et en tant qu’acteur de la société civile. Sur ce plan, nous avons été servis. « Toutes mes portes vous sont ouvertes, tout comme celles de mes collaborateurs ici présents. Si vous désirez me rencontrer, n’hésitez pas, même à domicile vous pouvez venir me présenter vos suggestions » Nous a dit le Ministre. Parole de politicien ? Peu importe. Dès cette semaine, nous lui demanderons de mettre à notre disposition et pour fins de suivi, la liste des GICs (groupements par lesquels 62% des fonds ont été détournés en 2008) bénéficiaires des subventions en 2009 dans le cadre du programme maïs. S’advienne que son Excellence accède à notre requête, nous ferons un suivi systématique de l’utilisation des fonds en 2009 et lui adresserons un rapport circonstancié. Et s’il refuse, nous prendrons acte.
En deux heures d’entretiens, qu’est ce qu’on a bien pu se dire ? Son Excellence a beaucoup parlé pour nous permettre d’avoir une idée de ses projets et ambitions pour l’agriculture camerounaise. Certainement qu’il nous faudra d’autre rencontres pour y voir plus clair.. Il a semblé n’avoir pas conscience ou mieux connaissance des dégâts de la corruption et des détournements dans son ministère. C’est à peine s’il avoue leur existence, question de ne pas perdre la face. Car de sources bien introduites au ministère nous savons que plusieurs mesures ont été prises pour rectifier la gestion des projets du Minader : La commission anticorruption du Minader a été installé, avec des moyens de travail appréciables. Les coordonnateurs de projet sont désormais placés sous la tutelle des directions...etc. Toute chose qui va dans le sens de notre plaidoyer à savoir l’avènement d’une ère de bonne gouvernance au Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural.
Bien à vous et à très prochainement, avec la même satisfaction pour votre soutien.
Bernard NJONGA
Président ACDIC
vendredi 6 février 2009
Dernières nouvelles de l'ACDIC concernant sa campagne de lutte contre la corruption
Nous venons de recevoir de Bernard NJONGA cette lettre faisant le point sur leur campagne anti-corruption et la convocation qu'ils ont reçue au Tribunal de Yaoundé :
Bonjour à tous,
Vous le saviez peut-être déjà. Notre procès prévu ce jour 23 janvier suite à notre manif contre la corruption a été reporté pour le 13 février, le temps pour le ministère public de retrouver le dossier administratif de cette affaire… dit le président de la cour. Surprise ? Que non. Pendant les sept heures d’attente que la centaine de membres de l’Acdic venu assister au procès a enduré au tribunal, Il courrait déjà ce bruit du report du procès.
Par contre, ce qui nous a le plus surpris c’est le refoulement de José Bové à l’aéroport alors qu’il venait assister au procès. Motif : manque de visa. Il ne l’avait effectivement pas. Avec cause. En 2006, on lui a établi un visa à l’entrée puisqu’il partait de Montpellier (comme encore ce jeudi) où il n’existe pas de consulat du Cameroun. 2009, on n’est pas en 2006. Le contexte a changé et l’objet de sa visite n’est pas le même. Il vient assister à un procès des membres de l’acdic. On leur reproche une manifestation illégale … contre non seulement la corruption et les détournements de l’argent destiné aux producteurs et alloué à la production, mais aussi contre le clientélisme et la navigation à vue qui caractérisent le ministère de l’agriculture.
Un procès somme toute embarrassant pour l’autorité qui veut bien afficher sa volonté de lutter contre la corruption. Il a été crée pour cette fin et ce, depuis 2006, la CONAC (Comité Anticorruption) avec des pouvoirs très étendus et placée sous la haute autorité du Chef de l’Etat.
C’est bien avec cette Conac que nous avons négocié une trêve dans notre campagne pour, d’après le président de cette illustre chambre, faire baisser la tension dans l’opinion. Dans les termes de l’entente, la CONAC non seulement se saisissait du cas de détournement /corruption que nous avons relevé, mais aussi, s’engageait à participer à la recherche de solution à la crise du maïs.
Pour la crise du maïs, nous avons contribué à l’élaboration de la requête que la CONAC a adressée à la haute attention du chef de l’état, sollicitant son intervention. Pour l’heure, rien à faire de ce côté que de croiser les doigts. Pour sûr, le temps presse. Nous sommes à 30 jours du début de la campagne agricole 2009. Campagne au cour de la quelle des mesures concrètes sont attendues pour résorber le déficit de 120 000 tonnes afin d’éviter aux populations les conséquences de la crise du maïs. Le compte à rebours est donc enclenché. En clair, c’est durant ces 30 jours que l’acdic devrait mettre le paquet, donner le meilleur d’elle même en plaidoyer et lobbying pour obtenir des mesures en faveur des producteurs de maïs.
Pour ce qui est de la corruption, la CONAC ayant opté pour cette méthode qui consiste à descendre sur le terrain et vérifier nos allégations. Nous avons été associés à la mission qui a passé trois semaines sur le terrain, à suivre pas à pas le cheminement qui nous aura permis d’affirmer que 62% des groupes ayant bénéficié des subventions dans le cadre du programme maïs étaient des groupements fictifs. En plus, la mission a auditionné les responsables centraux du ministère dont le ministre et le coordonnateur du programme maïs.
Chapeau ! Aux membres de cette mission. Nous avons été témoins du sérieux avec lequel ils se sont entretenus avec les producteurs et la démarche de leurs enquêtes sur le terrain.
A ce jour, elle est en train de mettre les dernières mains sur son rapport. Un rapport non seulement très attendu dans l’opinion, mais aussi un rapport à grands enjeux pour la CONAC et l’ACDIC qui, pour des raisons et à des degrés divers jouent leur crédibilité.
Un rapport à grands enjeux aussi pour les pouvoirs publics qui se verront dos au mur, obligés d’affirmer leur volonté de lutter contre la corruption, tellement le cas d’espèce est concret et connu de tous.
En attendant la sortie du rapport, les informations en notre possession indiquent que l’ACDIC a eu raison sur toute la ligne. Mieux encore, ce que la commission a découvert sur le terrain semblerait trois fois plus grave que les allégations de l’ACDIC.
Déjà, du côté du ministère, on annonce le limogeage du Coordonnateur du programme maïs. Personne n’est dupe pour croire que dans le circuit électrique du Ministère, il ferait le bon fusible.
Lors de leur rencontre à Douala, le délégué régional n’est pas passé par mille chemins pour résumer à la mission Conac l’état des lieux au Minader en affirmant, je cite : « Malgré ce que vous avez vu sur le terrain, le programme maïs reste l’un des mieux gérés du Ministère » Pour dire combien la neccessité de poursuivre l’assainissement du MINADER importe et urge….
Pour l’heure, nous nous concentrons sur la crise du maïs en nous battant afin qu’on soutienne la production et attendons sereinement le rapport officiel de la CONAC qui donnera une nouvelle dynamique à notre campagne contre les détournements et la corruption au MINADER
Merci à vous pour votre soutien et faites circuler ce message.
Cordialement,
Bernard Njonga
Président de l’ACDIC
--
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Bonjour à tous,
Vous le saviez peut-être déjà. Notre procès prévu ce jour 23 janvier suite à notre manif contre la corruption a été reporté pour le 13 février, le temps pour le ministère public de retrouver le dossier administratif de cette affaire… dit le président de la cour. Surprise ? Que non. Pendant les sept heures d’attente que la centaine de membres de l’Acdic venu assister au procès a enduré au tribunal, Il courrait déjà ce bruit du report du procès.
Par contre, ce qui nous a le plus surpris c’est le refoulement de José Bové à l’aéroport alors qu’il venait assister au procès. Motif : manque de visa. Il ne l’avait effectivement pas. Avec cause. En 2006, on lui a établi un visa à l’entrée puisqu’il partait de Montpellier (comme encore ce jeudi) où il n’existe pas de consulat du Cameroun. 2009, on n’est pas en 2006. Le contexte a changé et l’objet de sa visite n’est pas le même. Il vient assister à un procès des membres de l’acdic. On leur reproche une manifestation illégale … contre non seulement la corruption et les détournements de l’argent destiné aux producteurs et alloué à la production, mais aussi contre le clientélisme et la navigation à vue qui caractérisent le ministère de l’agriculture.
Un procès somme toute embarrassant pour l’autorité qui veut bien afficher sa volonté de lutter contre la corruption. Il a été crée pour cette fin et ce, depuis 2006, la CONAC (Comité Anticorruption) avec des pouvoirs très étendus et placée sous la haute autorité du Chef de l’Etat.
C’est bien avec cette Conac que nous avons négocié une trêve dans notre campagne pour, d’après le président de cette illustre chambre, faire baisser la tension dans l’opinion. Dans les termes de l’entente, la CONAC non seulement se saisissait du cas de détournement /corruption que nous avons relevé, mais aussi, s’engageait à participer à la recherche de solution à la crise du maïs.
Pour la crise du maïs, nous avons contribué à l’élaboration de la requête que la CONAC a adressée à la haute attention du chef de l’état, sollicitant son intervention. Pour l’heure, rien à faire de ce côté que de croiser les doigts. Pour sûr, le temps presse. Nous sommes à 30 jours du début de la campagne agricole 2009. Campagne au cour de la quelle des mesures concrètes sont attendues pour résorber le déficit de 120 000 tonnes afin d’éviter aux populations les conséquences de la crise du maïs. Le compte à rebours est donc enclenché. En clair, c’est durant ces 30 jours que l’acdic devrait mettre le paquet, donner le meilleur d’elle même en plaidoyer et lobbying pour obtenir des mesures en faveur des producteurs de maïs.
Pour ce qui est de la corruption, la CONAC ayant opté pour cette méthode qui consiste à descendre sur le terrain et vérifier nos allégations. Nous avons été associés à la mission qui a passé trois semaines sur le terrain, à suivre pas à pas le cheminement qui nous aura permis d’affirmer que 62% des groupes ayant bénéficié des subventions dans le cadre du programme maïs étaient des groupements fictifs. En plus, la mission a auditionné les responsables centraux du ministère dont le ministre et le coordonnateur du programme maïs.
Chapeau ! Aux membres de cette mission. Nous avons été témoins du sérieux avec lequel ils se sont entretenus avec les producteurs et la démarche de leurs enquêtes sur le terrain.
A ce jour, elle est en train de mettre les dernières mains sur son rapport. Un rapport non seulement très attendu dans l’opinion, mais aussi un rapport à grands enjeux pour la CONAC et l’ACDIC qui, pour des raisons et à des degrés divers jouent leur crédibilité.
Un rapport à grands enjeux aussi pour les pouvoirs publics qui se verront dos au mur, obligés d’affirmer leur volonté de lutter contre la corruption, tellement le cas d’espèce est concret et connu de tous.
En attendant la sortie du rapport, les informations en notre possession indiquent que l’ACDIC a eu raison sur toute la ligne. Mieux encore, ce que la commission a découvert sur le terrain semblerait trois fois plus grave que les allégations de l’ACDIC.
Déjà, du côté du ministère, on annonce le limogeage du Coordonnateur du programme maïs. Personne n’est dupe pour croire que dans le circuit électrique du Ministère, il ferait le bon fusible.
Lors de leur rencontre à Douala, le délégué régional n’est pas passé par mille chemins pour résumer à la mission Conac l’état des lieux au Minader en affirmant, je cite : « Malgré ce que vous avez vu sur le terrain, le programme maïs reste l’un des mieux gérés du Ministère » Pour dire combien la neccessité de poursuivre l’assainissement du MINADER importe et urge….
Pour l’heure, nous nous concentrons sur la crise du maïs en nous battant afin qu’on soutienne la production et attendons sereinement le rapport officiel de la CONAC qui donnera une nouvelle dynamique à notre campagne contre les détournements et la corruption au MINADER
Merci à vous pour votre soutien et faites circuler ce message.
Cordialement,
Bernard Njonga
Président de l’ACDIC
--
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Actualité
mercredi 24 décembre 2008
Cela vaut-il la peine de continuer.......
CherEs AmiEs,
J'ai créé ce blog, sur le conseil d'amis, mais très peu de personnes répondent.... et souvent par emails !
Par contre, il semble que plusieurs d'entre vous le lisent...
Alors, cela veut-il dire que vous êtes empruntés à "manier" le blog; c'est pourtant simple (même moi j'y arrive !)
Je continue encore quelques semaines et on verra.
Joyeux Noël et Belle année 2009 à toutes et à tous..
J'ai créé ce blog, sur le conseil d'amis, mais très peu de personnes répondent.... et souvent par emails !
Par contre, il semble que plusieurs d'entre vous le lisent...
Alors, cela veut-il dire que vous êtes empruntés à "manier" le blog; c'est pourtant simple (même moi j'y arrive !)
Je continue encore quelques semaines et on verra.
Joyeux Noël et Belle année 2009 à toutes et à tous..
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Actualité
dimanche 21 décembre 2008
Bernard NJONGA libéré, remercie et explique ......
Bien à vous,
Vous avez été nombreux, mais alors très nombreux à nous manifester votre sympathie voire votre indignation pour ce qui nous est arrivé. Mille fois merci.
Au fait, de quoi s’agissait-il ? Que s’est-il passé et où en sommes nous actuellement ?
Voyez-vous, suite à la campagne contre les poulets congelés, l’importation de ces découpes est interdite au Cameroun depuis 2006 et les aviculteurs grands et petits, ont repris le chemin des poulaillers, pour le bonheur des consommateurs. Mieux encore, la filière avicole a bénéficié d’une subvention de 1,2 milliards de francs CFA de l’Etat (une première) pour porter la production de poussin de 250 000 à 600 000 par semaine afin de satisfaire la demande sur les marchés.
Trois fois plus de poussins, c’est trois fois plus de maïs pour les nourrir. Malheureusement, la production du maïs qui entre à 65 % dans l’alimentation des poules n’a pas suivi cet accroissement. Pire, en l’espace d’un an, le prix du kilogramme de maïs sur le marché est passé de 70 à 195 FCFA le Kg et encore, faudrait-il en trouver.
Face à cette crise du maïs, nous avons entrepris une étude qui a mis en exergue non seulement un déficit prévisible de 120 000 tonnes pour l’année prochaine, mais aussi des faits de corruption et de détournement très graves au niveau du Ministère de l’Agriculture. Tels ces 62 % d’organisations paysannes fictives utilisées par des fonctionnaires pour détourner une bonne partie des 2 milliards de subvention du programme maïs ; ou encore ces 60 tracteurs indiens destinés à un test d’adaptabilité qui se retrouvent pour la plupart chez des ministres.
Nous appuyant sur cette étude qui a permis la production d’un livre blanc et d’un documentaire audiovisuel, nous avions planifié une campagne de plaidoyer et lobbying pour tirer la sonnette d’alarme sur la crise du maïs et dénoncer les faits de détournements et de corruption qui ont cours au Ministère de l’agriculture.
Le lancement de notre campagne prévoyait une semaine d’actions dont les temps forts étaient :
- une conférence de presse le 3 décembre 2008;
- un dîner parlementaire le 9 décembre 2008 ;
- une manifestation devant le Ministère de l’agriculture pour le 10
décembre 2008.
En respect de la loi en vigueur, nous avons introduit auprès de l’autorité compétente et dans les délais requis une déclaration pour chacune de ces activités. Malheureusement, le sous-préfet de Yaoundé 3ème, pour avoir pris connaissance du contenu de notre livre blanc nous a abusivement signifié une fin de non recevoir pour les trois manifestations.
En réaction au refus de la conférence de presse qui devait se tenir à l’hôtel Hilton, nous avons convié les journalistes qui étaient déjà très nombreux devant l’hôtel à nous suivre au siège de l’ACDIC où nous avons déroulé notre conférence comme si de rien n’était. Le lendemain la crise du maïs et les faits de corruption et de détournements au ministère de l’agriculture étaient à la une de tous les quotidiens à l’exception du quotidien d’Etat.
En réaction au refus de la tenue du dîner parlementaire, nous avons également trouvé moyen de remettre un dossier complet aux 180 députés qui étaient réunis en session budgétaire à Yaoundé.
En réaction au refus de la manif devant le ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, nous avions retenu de manifester dans notre siège le 10 décembre 2008. C’est donc ce jour et devant notre siège que nous avons été brutalisés par la police.
Deux personnes gravement blessées, huit autres chicotés et conduites au commissariat où trois seront relaxées pour être des journalistes. Nous étions cinq à passer la nuit en cellule Le lendemain nous avons été transférés dans la cellule du parquet et présentés devant le procureur qui nous a signifié sa décision de nous laisser plaider libres au tribunal correctionnel le lendemain.
Pour la petite histoire, Tenez !
Deux cellules différentes en deux jours, on a de quoi découvrir les méandres du milieu carcéral de Yaoundé. Le 10 décembre à 11 heures, c’était la première fois pour moi d’entrer dans la salle du commissariat où on attend d’être conduit en cellule. Bonjour les odeurs ! Elles sont uniques et ce sont elles qui vous reçoivent en premier et de manière brutale. C’est une fois dans la cellule que je comprends l’origine de celles-ci : 16 m2 pour 18 personnes avec un WC et une poubelle déjà bien garnis là devant nous dans un coin, il y a de quoi ! Je le dis sans rancoeur pour ces 13 premiers locataires qui ont du se délester avant de s’allonger et qui nous décomposaient des yeux comme pour nous souhaiter la bienvenue au cachot.
Au début, je me suis demandé si je résisterais aux odeurs. Il me souvient qu’une heure après, Jean Georges Etele - l’un de nos membres, m’a dit que les odeurs avaient disparu. J’ai souri en lui faisant remarquer qu’il s’était simplement habitué à celles-ci … tout comme moi d’ailleurs.
Debout où j’étais et avec un brin d’orgueil, Je me disais que je ne pouvais pas me coucher à même le sol, refusant le petit espace que François Awomo avait pu me réserver. Avec le temps, mes jambes ont faibli et mon orgueil s’est envolé. Alors que je m’écroulais pour trouver une position confortable, des collègues nous apportaient des gâteaux dans un carton et des bouteilles d’eau minérale. Je me demande s’ils savaient que le carton m’était plus utile que les gâteaux. Des gâteaux, je n’avais vraiment pas envie, vu l’ambiance. Par contre, aussitôt vidé de son contenu c’est avec le carton que j’ai pu me donner l’illusion d’un drap et faire une couchette, avec deux bouteilles d’eau pour oreiller. Je ne vous cache pas que j’ai vraiment bien dormi. Effet de la fatigue ? Je ne crois pas. Deux bouteilles pour oreiller et couché sur le sol lisse, c’est aussi agréable, en définitive. Je vous conseille l’essayer, même à domicile. Vous ne le regretterez pas, surtout si vous courez quelques risques de vous retrouver au gnouf.
Malheureusement pour moi, je n’aurais qu’une seule nuit du genre dans cette cellule. La faute à l’Ambassadrice des USA qui dans l’après midi m’avait envoyé un SMS de soutien et me promettant une visite le lendemain matin. Mis au parfum par le protocole de l’ambassade, le commissaire a vite fait de nous transférer dans la cellule du parquet très tôt le matin du 11. Le même commissaire qui avait retiré mon téléphone portable à 17 heures 15 exactement. En effet, sans m’imaginer qu’il était à l’écoute, je venais à partir de ma cellule de passer une interview en direct à la BBC dans laquelle je parlais de mes conditions de détention. Juste à la fin de l’interview, le commissaire a fait irruption dans la cellule et bye bye à mon téléphone.
C’est dans cette nouvelle cellule du parquet, nettement moins confortable (pour le même espace nous étions 32 au total et pas moyen de se coucher) que nous passerons la journée, pour être à 19 heures 30 présentés devant le procureur qui nous laissera entendre que nous comparaîtrons libres devant le juge pénal demain à 8 heures. 20 heures zéro zéro. On était déjà libre de nos mouvements et grande fut notre surprise au sortir du parquet.
Près d’une centaine de membres d’ACDIC et membres de nos familles nous attendaient. Dire que certains étaient là depuis 9 heures du matin. Ils seront encore plus nombreux le lendemain au tribunal lorsque nous avons plaidé coupables pour entendre le juge renvoyer le procès au 23 janvier 2009.
Deux blessés graves qui se remettent progressivement, deux jours et une nuit de garde à vue, pour ensuite plaider libre, c’est moins cher payé.
Pas forcement au vu de la gravité de la faute - il n’y avait pas faute, si oui, la volonté de ceux d’en face de vouloir museler la société civile, mais moins cher payé au vu des acquis :
D’abord le nombre et la spontanéité de vos soutiens qui ont incontestablement influencé les décisions. Un signal très fort pour les deux parties. Ils sont pour nous un capital que nous saurons utiliser pour faire avancer les causes citoyennes. Une fois de plus, nous vous en remercions vivement.
Ensuite, l’effet de la réaction des pouvoirs publics sur notre campagne.
Sans le vouloir, les policiers qui nous ont sauté dessus ont renforcé la médiatisation de notre campagne sur le plan national et international. « Vive Internet ! » Et que dire du courant de sympathie à notre égard qui s’est quintuplés dans la population.
Mieux encore, comme disait un observateur, « En matière de gestion, rien ne sera plus comme avant au MINADER ( Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural). Pour qui connaît le Cameroun, c’est un pas de géant que nous sommes en train d’effectuer dans la lutte contre les détournements et la corruption - tout au moins au niveau du MINADER. Pour peu que la société civile maintienne la veille.
Plus concrètement et par rapport à notre campagne,
- La CONAC (Comité National Anticorruption), l’instance gouvernementale
chargée de la lutte contre la corruption s’est saisi de l’affaire des détournements et de corruption que nous avons soulevé. Lors de l’entretien (fortement médiatisé par les médias gouvernementaux) que nous avons eu avec le président de la CONAC le samedi 13, nous avons accédé à sa demande de faire baisser selon ses termes la tension dans l’opinion en réduisant et en apaisant nos interventions dans les médias puisque son institution se saisissait de l’affaire. Une commission dont l’ACDIC fait partie a été créée pour établir les faits de corruption et détournement dans la gestion du programme maïs du MINADER. Un délai de 30 jours a été accordé à celle-ci pour déposer son rapport.
- Il nous a été rapporté que le Premier Ministre- Chef du Gouvernement a
instruit l’ouverture d’une enquête sur la gestion de tous les projets actuellement en cours au MINADER. Toute chose qui nous arrange puisqu’au delà du programme maïs qui a fait l’objet de nos enquêtes notre objectif était de poser le problème de la gestion de manière globale au MINADER.
- S’agissant de la crise du maïs, nous avons été instruit de faire des
propositions précises qui devront être portées à la haute attention du chef de l’Etat.
Vu l’imminence de la prochaine campagne agricole - février 2009, nous avons proposé une mesure d’urgence qui consisterait à libérer
3,5 milliards de FCFA (5,4 millions d’euros) pour soutenir les producteurs de maïs à la prochaine campagne. Pour le long terme nous avons proposé que des études de faisabilité soient engagées pour l’installation des CUMIA (Centre d’Utilisation du Matériel et Intrants agricoles) dans les bassins de production du maïs au Cameroun.
Vous m’ excuserez du fait que j’ai peut-être été long.
C’était juste quelques mots pour vous remercier et vous dire où nous en sommes.
Des avancées en apparence, pour le début d’un « combat » qui sera long et que nous voulons bien continuer en comptant sur votre soutien que nous remercions déjà par anticipation….
Avec tous nos vœux les meilleurs pour l’année 2009.
Bernard NJONGA
Vous avez été nombreux, mais alors très nombreux à nous manifester votre sympathie voire votre indignation pour ce qui nous est arrivé. Mille fois merci.
Au fait, de quoi s’agissait-il ? Que s’est-il passé et où en sommes nous actuellement ?
Voyez-vous, suite à la campagne contre les poulets congelés, l’importation de ces découpes est interdite au Cameroun depuis 2006 et les aviculteurs grands et petits, ont repris le chemin des poulaillers, pour le bonheur des consommateurs. Mieux encore, la filière avicole a bénéficié d’une subvention de 1,2 milliards de francs CFA de l’Etat (une première) pour porter la production de poussin de 250 000 à 600 000 par semaine afin de satisfaire la demande sur les marchés.
Trois fois plus de poussins, c’est trois fois plus de maïs pour les nourrir. Malheureusement, la production du maïs qui entre à 65 % dans l’alimentation des poules n’a pas suivi cet accroissement. Pire, en l’espace d’un an, le prix du kilogramme de maïs sur le marché est passé de 70 à 195 FCFA le Kg et encore, faudrait-il en trouver.
Face à cette crise du maïs, nous avons entrepris une étude qui a mis en exergue non seulement un déficit prévisible de 120 000 tonnes pour l’année prochaine, mais aussi des faits de corruption et de détournement très graves au niveau du Ministère de l’Agriculture. Tels ces 62 % d’organisations paysannes fictives utilisées par des fonctionnaires pour détourner une bonne partie des 2 milliards de subvention du programme maïs ; ou encore ces 60 tracteurs indiens destinés à un test d’adaptabilité qui se retrouvent pour la plupart chez des ministres.
Nous appuyant sur cette étude qui a permis la production d’un livre blanc et d’un documentaire audiovisuel, nous avions planifié une campagne de plaidoyer et lobbying pour tirer la sonnette d’alarme sur la crise du maïs et dénoncer les faits de détournements et de corruption qui ont cours au Ministère de l’agriculture.
Le lancement de notre campagne prévoyait une semaine d’actions dont les temps forts étaient :
- une conférence de presse le 3 décembre 2008;
- un dîner parlementaire le 9 décembre 2008 ;
- une manifestation devant le Ministère de l’agriculture pour le 10
décembre 2008.
En respect de la loi en vigueur, nous avons introduit auprès de l’autorité compétente et dans les délais requis une déclaration pour chacune de ces activités. Malheureusement, le sous-préfet de Yaoundé 3ème, pour avoir pris connaissance du contenu de notre livre blanc nous a abusivement signifié une fin de non recevoir pour les trois manifestations.
En réaction au refus de la conférence de presse qui devait se tenir à l’hôtel Hilton, nous avons convié les journalistes qui étaient déjà très nombreux devant l’hôtel à nous suivre au siège de l’ACDIC où nous avons déroulé notre conférence comme si de rien n’était. Le lendemain la crise du maïs et les faits de corruption et de détournements au ministère de l’agriculture étaient à la une de tous les quotidiens à l’exception du quotidien d’Etat.
En réaction au refus de la tenue du dîner parlementaire, nous avons également trouvé moyen de remettre un dossier complet aux 180 députés qui étaient réunis en session budgétaire à Yaoundé.
En réaction au refus de la manif devant le ministère de l’Agriculture et du Développement Rural, nous avions retenu de manifester dans notre siège le 10 décembre 2008. C’est donc ce jour et devant notre siège que nous avons été brutalisés par la police.
Deux personnes gravement blessées, huit autres chicotés et conduites au commissariat où trois seront relaxées pour être des journalistes. Nous étions cinq à passer la nuit en cellule Le lendemain nous avons été transférés dans la cellule du parquet et présentés devant le procureur qui nous a signifié sa décision de nous laisser plaider libres au tribunal correctionnel le lendemain.
Pour la petite histoire, Tenez !
Deux cellules différentes en deux jours, on a de quoi découvrir les méandres du milieu carcéral de Yaoundé. Le 10 décembre à 11 heures, c’était la première fois pour moi d’entrer dans la salle du commissariat où on attend d’être conduit en cellule. Bonjour les odeurs ! Elles sont uniques et ce sont elles qui vous reçoivent en premier et de manière brutale. C’est une fois dans la cellule que je comprends l’origine de celles-ci : 16 m2 pour 18 personnes avec un WC et une poubelle déjà bien garnis là devant nous dans un coin, il y a de quoi ! Je le dis sans rancoeur pour ces 13 premiers locataires qui ont du se délester avant de s’allonger et qui nous décomposaient des yeux comme pour nous souhaiter la bienvenue au cachot.
Au début, je me suis demandé si je résisterais aux odeurs. Il me souvient qu’une heure après, Jean Georges Etele - l’un de nos membres, m’a dit que les odeurs avaient disparu. J’ai souri en lui faisant remarquer qu’il s’était simplement habitué à celles-ci … tout comme moi d’ailleurs.
Debout où j’étais et avec un brin d’orgueil, Je me disais que je ne pouvais pas me coucher à même le sol, refusant le petit espace que François Awomo avait pu me réserver. Avec le temps, mes jambes ont faibli et mon orgueil s’est envolé. Alors que je m’écroulais pour trouver une position confortable, des collègues nous apportaient des gâteaux dans un carton et des bouteilles d’eau minérale. Je me demande s’ils savaient que le carton m’était plus utile que les gâteaux. Des gâteaux, je n’avais vraiment pas envie, vu l’ambiance. Par contre, aussitôt vidé de son contenu c’est avec le carton que j’ai pu me donner l’illusion d’un drap et faire une couchette, avec deux bouteilles d’eau pour oreiller. Je ne vous cache pas que j’ai vraiment bien dormi. Effet de la fatigue ? Je ne crois pas. Deux bouteilles pour oreiller et couché sur le sol lisse, c’est aussi agréable, en définitive. Je vous conseille l’essayer, même à domicile. Vous ne le regretterez pas, surtout si vous courez quelques risques de vous retrouver au gnouf.
Malheureusement pour moi, je n’aurais qu’une seule nuit du genre dans cette cellule. La faute à l’Ambassadrice des USA qui dans l’après midi m’avait envoyé un SMS de soutien et me promettant une visite le lendemain matin. Mis au parfum par le protocole de l’ambassade, le commissaire a vite fait de nous transférer dans la cellule du parquet très tôt le matin du 11. Le même commissaire qui avait retiré mon téléphone portable à 17 heures 15 exactement. En effet, sans m’imaginer qu’il était à l’écoute, je venais à partir de ma cellule de passer une interview en direct à la BBC dans laquelle je parlais de mes conditions de détention. Juste à la fin de l’interview, le commissaire a fait irruption dans la cellule et bye bye à mon téléphone.
C’est dans cette nouvelle cellule du parquet, nettement moins confortable (pour le même espace nous étions 32 au total et pas moyen de se coucher) que nous passerons la journée, pour être à 19 heures 30 présentés devant le procureur qui nous laissera entendre que nous comparaîtrons libres devant le juge pénal demain à 8 heures. 20 heures zéro zéro. On était déjà libre de nos mouvements et grande fut notre surprise au sortir du parquet.
Près d’une centaine de membres d’ACDIC et membres de nos familles nous attendaient. Dire que certains étaient là depuis 9 heures du matin. Ils seront encore plus nombreux le lendemain au tribunal lorsque nous avons plaidé coupables pour entendre le juge renvoyer le procès au 23 janvier 2009.
Deux blessés graves qui se remettent progressivement, deux jours et une nuit de garde à vue, pour ensuite plaider libre, c’est moins cher payé.
Pas forcement au vu de la gravité de la faute - il n’y avait pas faute, si oui, la volonté de ceux d’en face de vouloir museler la société civile, mais moins cher payé au vu des acquis :
D’abord le nombre et la spontanéité de vos soutiens qui ont incontestablement influencé les décisions. Un signal très fort pour les deux parties. Ils sont pour nous un capital que nous saurons utiliser pour faire avancer les causes citoyennes. Une fois de plus, nous vous en remercions vivement.
Ensuite, l’effet de la réaction des pouvoirs publics sur notre campagne.
Sans le vouloir, les policiers qui nous ont sauté dessus ont renforcé la médiatisation de notre campagne sur le plan national et international. « Vive Internet ! » Et que dire du courant de sympathie à notre égard qui s’est quintuplés dans la population.
Mieux encore, comme disait un observateur, « En matière de gestion, rien ne sera plus comme avant au MINADER ( Ministère de l’Agriculture et du Développement Rural). Pour qui connaît le Cameroun, c’est un pas de géant que nous sommes en train d’effectuer dans la lutte contre les détournements et la corruption - tout au moins au niveau du MINADER. Pour peu que la société civile maintienne la veille.
Plus concrètement et par rapport à notre campagne,
- La CONAC (Comité National Anticorruption), l’instance gouvernementale
chargée de la lutte contre la corruption s’est saisi de l’affaire des détournements et de corruption que nous avons soulevé. Lors de l’entretien (fortement médiatisé par les médias gouvernementaux) que nous avons eu avec le président de la CONAC le samedi 13, nous avons accédé à sa demande de faire baisser selon ses termes la tension dans l’opinion en réduisant et en apaisant nos interventions dans les médias puisque son institution se saisissait de l’affaire. Une commission dont l’ACDIC fait partie a été créée pour établir les faits de corruption et détournement dans la gestion du programme maïs du MINADER. Un délai de 30 jours a été accordé à celle-ci pour déposer son rapport.
- Il nous a été rapporté que le Premier Ministre- Chef du Gouvernement a
instruit l’ouverture d’une enquête sur la gestion de tous les projets actuellement en cours au MINADER. Toute chose qui nous arrange puisqu’au delà du programme maïs qui a fait l’objet de nos enquêtes notre objectif était de poser le problème de la gestion de manière globale au MINADER.
- S’agissant de la crise du maïs, nous avons été instruit de faire des
propositions précises qui devront être portées à la haute attention du chef de l’Etat.
Vu l’imminence de la prochaine campagne agricole - février 2009, nous avons proposé une mesure d’urgence qui consisterait à libérer
3,5 milliards de FCFA (5,4 millions d’euros) pour soutenir les producteurs de maïs à la prochaine campagne. Pour le long terme nous avons proposé que des études de faisabilité soient engagées pour l’installation des CUMIA (Centre d’Utilisation du Matériel et Intrants agricoles) dans les bassins de production du maïs au Cameroun.
Vous m’ excuserez du fait que j’ai peut-être été long.
C’était juste quelques mots pour vous remercier et vous dire où nous en sommes.
Des avancées en apparence, pour le début d’un « combat » qui sera long et que nous voulons bien continuer en comptant sur votre soutien que nous remercions déjà par anticipation….
Avec tous nos vœux les meilleurs pour l’année 2009.
Bernard NJONGA
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